LE CINÉMA DU NOUVEAU MILLENAIRE (2000-2009)

Une décennie marquée par l’inquiétude, le doute, l’espoir d’une nouvelle ère. C’était quoi le meilleur des années 2000 au cinéma ? Par ici :

1 – A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE – STEVEN SPIELBERG (2001)

A.I. : Intelligence artificielle - le grand et fabuleux film incompris de  Steven Spielberg - Dossier Film - EcranLarge

On n’a pas fini d’évoquer la splendeur de ce film. D’une idée de Stanley Kubrick, Steven Spielberg sublime cette fable SF vers des contrées existentielles et des frontières vertigineuses. A hauteur d’enfant, le monde comme une quête d’un trésor, à la recherche de l’Amour enfoui. Toute la naïveté de ce petit robot ingénu est ce qui bouleverse au-delà de toutes choses. Toute la virginité de son existence confrontée à la violence du monde. Et malgré tout, patiemment, le héros sera récompensé de sa foi. Un chef-d’œuvre total.

2 – MULHOLLAND DRIVE – DAVID LYNCH (2001)

Analyse : Mulholland Drive (David Lynch)

Bien sûr. Entrer dans l’univers de David Lynch c’est ne jamais avoir la certitude d’en sortir. Toute sa maestria est de nous plonger dans les abysses de ses héroïnes, dans l’obscurité de leurs psychés tout en gardant intact notre fascination envers ce mystère. L’inquiétante étrangeté de ce film nous effraie, nous émeut, nous déstabilise, nous secoue. La premier visionnage est inoubliable.

3 – MILLION DOLLAR BABY – CLINT EASTWOOD (2004)

Million Dollar Baby - Chro

Mo Cuishle. Dévastateur. Chef-d’œuvre classique qui consolide Clint Eastwood comme l’un des plus grands cinéastes américains de son histoire. Tout y est parfait, pas de surplus, une mise en scène précise et toujours au bon endroit, un scénario des grandes heures… Et plus que les larmes pour accompagner la plus belle histoire d’amour de ce sport.

4 – BEAU TRAVAIL – CLAIRE DENIS (2000)

Beau travail claire denis | Musée du Louvre | Paris

Filmer les hommes comme personne, filmer le désir jusqu’à l’incandescence et l’incendie destructeur. Claire Denis est immense, ce film est d’un hypnotisme fou et vous laisse coi dans cette chorégraphie des corps.

5 – LES HARMONIES WERCKMEISTER – BELA TARR (2000)

Les Harmonies Werckmeister (Béla Tarr s'invite sur Cinéma Choc) - Cinéma  Choc

L’effroi d’un fascisme à venir dans la nuit froide et longue d’un Est laissé pour compte. Accompagné par la superbe musique de Mihaly Vig, Bela Tarr insuffle de la magie et de la poésie dans cette chute du réel. Des plans-séquence déments pour cette bataille entre le maintien de la lumière et l’enveloppe total de l’obscurantisme.

6 – DANS LA CHAMBRE DE VANDA et EN AVANT, JEUNESSE ! – PEDRO COSTA (2000/2006)

Dans la chambre de Vanda – Les Bookmakers
Critique : En avant, jeunesse, de Pedro Costa - Critikat

Pedro Costa filme l’Ancien et le Nouveau Monde. Entre représentation d’une classe oubliée et fond politico-social, le formalisme esthétique sublime une réalité sombre. Le réalisateur entretient la question de la trace, de la sauvegarde par le cinéma d’un passé qui s’efface. Cette entreprise ethnographique propre du cinéma portugais allie la part du documentaire du corps et de l’espace à la part fictionnelle de l’esthétique et de la parole, entre mémoire et fabulation. Cette alliance étant un mariage fait de ces résidus mémoriels que le cinéaste prend soin de ramener à leur état premier : La trace d’un peuple de la marge. Immense film pour une Odyssée des petits.

7 – GERRY – GUS VAN SANT (2002)

Gerry – Gus Van Sant | Archives de Videodrome 2 à Marseille

Un thriller du minimalisme, la peur de l’immensité, l’effroi des grands espaces. Cette perte dans le désert après un hike qui tourne mal est un tour de force de ce que le cinéma peut faire avec rien. Matt Damon et Casey Affleck ne sont plus que des corps errants, en complète dépossession jusqu’à la folie. Un film qui annulera vos vacances.

8 – LA GRAINE ET LE MULET – ABDELLATIF KECHICHE (2007)

Poissons de mer et cinéma

Un coup d’éclat dans le cinéma français. Débordant d’énergie, d’humanité et de vie, cette chronique familiale se transforme en une course épique vers de beaux lendemains. On y vibre à 100%, le cinéaste tirant un naturel fou de ses comédiens. Loin de la théâtralité, une certain idée d’absolu portée par Pialat.

9 – YI YI – EDWARD YANG (2000)

Yi Yi » de Edward Yang : Analyse | Le Rayon Vert

Une fresque magistrale du génie taïwanais, son dernier avant sa mort. Cette peinture familiale brasse, avec virtuosité et une grande justesse, trois générations. D’un mariage à un enterrement, le cinéaste décortique toutes les émotions qui nous agitent et qui en font une œuvre universelle superbe.

10 – LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN – ANG LEE (2005)

Critique : Le Secret de Brokeback Mountain, d'Ang Lee - Critikat

Grandiose et déchirant, un western sur un amour impossible. La mise en scène d’Ang Lee tutoie les sommets du classicisme et nous offre des séquences d’un lyrisme à couper le souffle. Jack, I swear… Putain.

11 – MEMORIES OF MURDER – BONG JOON-HO (2003)

Memories of Murder. Le joyau de Bong Joon-ho | by Nicolas Winter | Juste un  mot

Une claque. Un classique instantané. Une leçon de cinéma. Un chef-d’œuvre du genre. Collé à votre siège, le film ne vous lâche plus jusqu’à la fin où vous prendrez 5 bonnes minutes pour refermer votre bouche bée. Ca va jusque là.

12 – TWO LOVERS – JAMES GRAY (2008)

Dostoïevski, Visconti, Gray : la communion de la littérature et du cinéma –  PHILITT

Une tragédie obsédante qui prouve une nouvelle fois que James Gray est l’un des cinéastes les plus sous-estimés de sa génération. Des performances d’une rare intensité, un drame qui vous serre le cœur tant la cruauté se mélange avec la profonde empathie ressentie.

13 – LA JEUNE FILLE DE L’EAU et INCASSABLE – M. NIGHT SHYAMALAN (2006/2000)

Photo du film La Jeune fille de l'eau - Photo 21 sur 43 - AlloCiné

Qu’est-ce qu’il s’est passé pour que ce film se fasse défoncer partout ? Une merveille de conte. C’est miraculeux comme la force de croyance transperce toute l’absurdité du réel et de son prémisse. M. Night Shyamalan est de ces grands conteurs qui misent sur notre capacité d’émerveillement, et ce film, se révèle prodigieux pour qui a gardé cette petite étincelle d’enfant. Jamais la mantra Everyone’s hero n’aura été si belle et si pure.

Why Unbreakable remains the ultimate superhero movie - Little White Lies

Un autre régal de Shyamalan, une réalisation à tomber par terre, d’une intelligence rare. Le plus grand croyant du cinéma moderne pour un film de super-héros unique.

14 – DOGVILLE – LARS VON TRIER (2003)

Films & Architecture: "Dogville" | ArchDaily

Adepte et habitué des concepts de mise en scène, le génie danois frappe une nouvelle fois avec cette dinguerie au décor entièrement peint sur sol, à la manière d’un théâtre. Ca peut surprendre mais très vite le concept s’efface au profit d’un récit d’une perversion incroyable. Les humains sont laids chez Lars Von Trier, il y a du nihilisme, du malsain partout. Sans ce talent unique de narration et de jusqu’au-boutisme, cela pourrait être désagréable. Ca n’est que jouissif.

15 – TROPICAL MALADY – APICHATPONG WEERASETHAKUL (2004)

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Splendide. Quand le mythe envahit l’écran et nous plonge dans la sidération. Un film qui embrasse le sauvage, le désir fiévreux et la quête de l’amour fou. Un must du maître thaïlandais.

16 – PARLE AVEC ELLE – PEDRO ALMODOVAR (2002)

UNA PELICULA IMPRESIONANTE DE PEDRO ALMODOVAR, TODA UNA OBRA DE CULTO

Œuvre troublante du maître espagnol. La passion-folie dévorante d’un côté, la faute morale de l’autre au cœur d’un mélodrame somptueux. Un film qu’il faut apprivoiser et déceler toutes ses parcelles poétiques car quand le morbide arrive, la grâce n’est jamais très loin.

17 – PUNCH-DRUNK-LOVE et THERE WILL BE BLOOD – PAUL THOMAS ANDERSON (2002/2008)

Punch-drunk love -

Une rom-com unique, bizarre, tendre et anormale. C’est toute la beauté de l’insolite qui s’échappe de cette rythmique.

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Monumental. Un portrait ogresque d’un homme consumé par l’appât. Le capitalisme a son héros, interprété de manière démente par Daniel Day Lewis.

18 – LA COMMUNE (PARIS 1871) – PETER WATKINS (2000)

LA COMMUNE DE PETER WATKINS – LE CHEF D'ŒUVRE REMASTERISÉ – 13 Productions

Raconter l’un des évènements les plus importants de l’histoire française par l’anachronisme fut une idée brillante du grand critique des médias qu’est Peter Watkins. En mettant en scène la Commune de Paris comme un reportage en direct, ce que documente le cinéaste a non seulement un intérêt historique, mais surtout une puissance politique par le déploiement de la parole des communards. Le film laisse la place au témoignage, et brillant qu’il est, Watkins poursuit sa critique de la réception et du traitement des images par le média d’information. Un film immanquable.

19 – ZODIAC – DAVID FINCHER (2007)

David Fincher's Zodiac | Wonders in the Dark

Une enquête qui vire au cauchemar, à l’embûche, à l’impasse. Et l’obsession d’une traque qui finit par tout dévorer. Une mise en scène exceptionnelle pour ce thriller de haute volée.

20 – EXILE – JOHNNIE TO (2006)

kathnel44 on Twitter: "#SondageHongKong @tbarnaud Difficile ce choix. J'ai  beaucoup aimé "Exilé" de Johnnie To .Un polar mélancolique où se suspend le  temps, se sculptent les gestes. Dans la tension même de

Le style avant tout. Et quel style. Un western moderne sous fond d’une fraternité soudée pour toujours. Une bromance de groupe assez belle à voir. La mise en scène est parfaite, les scènes d’actions sont un éblouissement. Johnnie To est un maître qui manie parfaitement l’espace et le cadre.

21 – LE NOUVEAU MONDE – TERRENCE MALICK (2005)

The New World

Chaque film de Malick est un nirvana esthétique. Celui-ci n’y échappe pas. Le mythe de Pocahontas par le poète-in-chief. Un enchantement de chaque instant.

22 – L’ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD – ANDREW DOMINIK (2007)

L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES • Explication de Film

Mais quel film renversant. Brad Pitt y est parfait. On ne s’attendait pas à un tel souffle. Toute la tragédie à venir et le spectacle qui l’entoure, ça rappelle l’immense ‘L’Homme qui tua Liberty Valance‘ de John Ford.

23 – AVIATOR – MARTIN SCORSESE (2004)

The Aviator | Beautiful cinematography, Martin scorsese movies,  Cinematography

Un nouveau film qui transpire la perfection. Le grand maître de tous laisse parler sa virtuosité autour d’un biopic bouillonnant et fascinant. Howard Hughes par Dicaprio, c’est grand.

24 – ALI – MICHAEL MANN (2002)

Ranking + Dissected: Michael Mann | Consequence of Sound | Page 10

Autre biopic, autre expression stylistique enchanteresse. Mann fait parler le mouvement et les lumières qui entourent l’aura indestructible d’Ali. Certaines séquences de combat sont d’une élégance inouïe. Les combats deviennent ballet, le film devient musique.

25 – VALSE AVEC BACHIR – ARI FOLMAN (2008)

Critique : Valse avec Bachir, d'Ari Folman - Critikat

Le Massacre de Sabra et Chatila. Et toute l’horreur d’un conflit interminable. Un joyau d’animation. Un film important sur la mémoire et l’enfouissement de l’insoutenable.

26 – WENDY & LUCY – KELLY REICHARDT (2008)

El séptimo sello. Análisis fílmico.: "Wendy and Lucy". Un texto político.

Un film d’une grande simplicité et pourtant, comment ne pas finir en larmes. La très grande réalisatrice réussit une nouvelle fois l’exploit du minimalisme terrassant. Une histoire de sacrifice du quotidien et de résilience. Avec le meilleur chien de l’Histoire du cinéma.

27 – UP – PETE DOCTER (2009)

Day 8: Saddest moment - Ellie/Carl (Up). I cry a lot but I'm pretty sure  that I cried the most at this. | Up pixar, Disney pixar, Pixar

Le plus beau début de l’Histoire du cinéma. Le reste est tout aussi ravissant. Une perle Pixar.

28 – FANTASTIC MR. FOX – WES ANDERSON (2009)

Wes Anderson's World-Building: Watch This Great 'Fantastic Mr. Fox'  Breakdown Video That Illustrates the Auteur's Style | IndieWire

Un autre bijou d’animation cette fois-ci par l’esthète géométrique texan. Une aventure qui va à 100 à l’heure, drôle, séduisante et prenante. Le cinéaste est l’un des seuls à s’être créé un univers aussi identifiable.

29 – CHILDREN OF MEN – ALFONSO CUARON (2006)

les-Fils-de-l-homme-01 | eMaginarock

Un film d’anticipation mirobolant, aussi beau visuellement que techniquement au-dessus de la mêlée. Possédant au-moins deux plans-séquence parmi les plus prodigieux jamais fais. Un film haletant et tendu.

30 – NO COUNTRY FOR OLD MEN – LES FRERES COEN (2008)

No country for old men - Libération Films

Je ne me lasse jamais de ce film. Un sommet de leur riche filmographie. Une traque palpitante au cœur du chaos pur.

31 – LE RUBAN BLANC – MICHAEL HANEKE (2009)

Le Ruban blanc" : une histoire d'enfants qui remonte aux racines du mal

D’où vient le mal ? Quelle est son origine ? Y a-t-il une cause à la tragédie existentielle qu’a subi le XXe siècle ? Ce sont toutes ces interrogations autour de la Palme d’Or 2009, où le fascisme trouve son point d’entrée. Un film subjuguant au mystère entier.

32 – CE CHER MOIS D’AOUT – MIGUEL GOMES (2008)

Ce cher mois d'août

Un film de vacances où tout est possible. Dans un croisement entre documentaire et fiction, le cinéaste portugais se laisse toutes les possibilités d’accomplir sa liberté. Un film moderne donc, dans lequel le temps d’un été, certaines romances deviennent légendes.

33 – LA CAPTIVE – CHANTAL AKERMAN (2000)

The Captive" + Misc Items on Notebook | MUBI

Suprême élégance du langage et du geste cinématographique d’Akerman. Aussi envoûtant qu’inquiétant. Un film sur la jalousie maladive et la dimension vampirique d’une relation passion-possession.

34 – SUPERBAD – GREG MOTTOLA (2007)

Superbad - Movie Review - The Austin Chronicle

Hilarant de bout en bout, une pépite du teen-movie qui comporte son lot de tendresse, de douceur et d’émotions. Un classique de la comédie.

35 – MONSTRES & CIE et LE MONDE DE NEMO – PETER DOCTER et ANDREW STANTON (2001/2003)

Okja, Peter & Elliott le dragon... : ces enfants qui ont un monstre géant  comme meilleur ami: Bou et Sulli (Monstres & Cie) - AlloCiné

Les monstres n’ont jamais été aussi beaux.

Marin, personnage dans "Le Monde de Nemo". | Disney-Planet

On n’a pas oublié ce début. Ce diamant des studios Pixar est une aventure réjouissante et proprement poignante.

36 – THE HOST – BONG JOON-HO (2006)

the-host-bong-joon-ho-creature-feature-2006-horror-film-movie-review - ☆Le  Coin des Critiques Ciné☆

Le meilleur film de monstres ? Probablement. En tout cas, rare sont les films à manier avec autant de virtuosité les genres, allant savamment de la comédie au drame en passant par la satire sociale et le film politique. Un grand film donc.

37 – KAIRO et RETRIBUTION – KYOSHI KUROSAWA (2001/2007)

Kaïro de Kiyoshi Kurosawa - Olivier Père

Le meilleur film de fantômes ? Probablement. L’effroi provoqué des ghosts du maître japonais sont toujours saillants. Superbe film sur un étrange virus informatique qui contamine tous et toutes, transformant ses lecteurs en spectres. L’immense talent de Kurosawa est de faire jouer l’angoisse dans l’espace urbain même, ses villes étant mises en scène comme des décors inquiétants, transporteurs d’âmes en peine.

Critique : Retribution, de Kiyoshi Kurosawa - Critikat

Cet autre joyau du réalisateur possède encore plus de tensions. Il y a dans les fantômes de Kurosawa une insondable tristesse, un effroi qui transperce tout. RETRIBUTION produit des images hallucinantes. Ce cinéaste précieux conjugue la terreur ancestrale à l’incessante évolution futuriste du monde. Peur sublime.

38 – A HISTORY OF VIOLENCE – DAVID CRONENBERG (2005)

A History of Violence de David Cronenberg - Critique sur Fais pas Genre !

Le maître canadien accouche d’un film à la maestria total. Explosion de violences dans la banlieue paisible étasunienne et ce sont toutes les certitudes qui volent en éclats. Un film ambigu sur la transparence de chacun et les démons cachés.

39 – CATCH ME IF YOU CAN et MUNICH – STEVEN SPIELBERG (2002/2005)

Image

Mise-en-scène magistrale de Spielberg pour son extraordinaire CATCH ME IF YOU CAN. Un film qui respire la grâce du cinéma. Tout paraît si simple, si élégant, si beau. Le jeu du chat et de la souris n’en est que plus fort car le cinéaste y insuffle tout le romantisme mais aussi la tristesse de cette fuite qui ne cesse de regarder en arrière.

Analyse : Munich (Steven Spielberg)

Absolument soufflé par la dimension épique et très actuelle de MUNICH. Un film à revoir, à réhabiliter d’urgence. Toute la notion de vengeance balayé par un cercle vicieux qui ne peut gagner. Brillant.

40 – 2046 – WONG KAR-WAI (2004)

Analyse : 2046 (Wong Kar-wai)

Une claque esthétique et sensorielle pour l’un des grands esthètes du 7ème art. Une quête mémorielle sur les amours perdus, passés et présents, une recherche du bonheur dans un cadre SF où le temps ne semble plus faire effet que celui de la mélancolie pure

41 – LA CHAMBRE DU FILS – NANNI MORETTI (2001)

La Chambre du fils (La Stanza del figlio) - Chro

La déchirure après la mort. Le temps entre, la réconciliation puis la reconstruction. Avec une sensibilité infinie, le maître italien traite le deuil et ses répercussions complexes. Magnifique.

42 – GO GO TALES – ABEL FERRARA (2008)

Critique : Go Go Tales, d'Abel Ferrara - Critikat

Un grand film perdu dans l’océan du cinéma. Un patron de cabaret en galère qui n’arrête pas le spectacle malgré l’amas de problèmes dont il fait face. Une œuvre qui nous semble parler de l’art en général et de la passion farouche qui en découle, et comment survivre dans un univers qui défaille souvent. Un grand film de croyant, de colosse qui prend tout sur ses épaules mais qui reste debout, pour le show.

43 – L’ENFANT – LES FRERES DARDENNE (2005)

Critique : L'Enfant, de Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne - Critikat

Un film sec, à la tension insoutenable et au réalisme extrême. Si la misère est le moteur, l’humanité finit toujours par l’emporter. Aucune condamnation ni jugement moral, seul le mouvement intéresse le duo de cinéastes, arrivant à un film d’une précision et d’une économie remarquable. Palme d’Or.

44 – O FANTASMA – JOAO PEDRO RODRIGUES (2001)

O Fantasma

Un premier film comme nul autre et déjà un choc. Un homme gay guidé par ses fantasmes dans un Lisbonne fantomal et crasse. De virées nocturnes fantasmagoriques en consommations sexuelles, cette errance érotique respire l’étrangeté et le danger de mort qui pèse sur qui va à la chasse.

45 – GHOST IN THE SHELL 2 : INNOCENCE – MAMURO OSHII (2004)

Ghost in the Shell: Innocence presents a mix of the original, Blade Runner  and Magnetic Rose

Un chef-d’œuvre d’existentialisme qui surpasse à tous niveaux son prédécesseur. Le cyberpunk à sa pure et pleine expression visuelle. Cyborg-humain, même combat, celui de la solitude et l’être-au-monde.

46 – L’HOMME SANS PASSE – AKI KAURISMAKI (2002)

Homme sans passé (L') | Transmettre le cinéma

Le maître finlandais, pointure des esthétiques rétros, signe un nouveau chef-d’œuvre aux côtés faibles, des méprisés, des laissés-pour-compte. Il fait la part belle aux estropiés et petits malfrats, donnant des victoires à ceux qui n’en goûtent jamais. C’est toujours drôle, punk et visuellement impeccable. Un autre cinéma à découvrir.

47 – ELOGE DE L’AMOUR et NOTRE MUSIQUE – JEAN-LUC GODARD (2001/2004)

Éloge de l'amour (Jean-Luc Godard, 1999) - La Cinémathèque française

Voir les Godard contemporains c’est se tenir au fait du monde extérieur par le biais le plus sensible qui soit. Godard témoigne par l’image et le son de l’orage qui gronde, des horreurs passés, des traumatismes d’aujourd’hui mais aussi des éclats présents. Ses films sont comme une cure, un antidote de par leur poésie infinie. La fin est si belle chez le maître français.

Analyse “Notre musique” de Jean-Luc Godard (2/2) | Profondeur de champs

48 – TEN – ABBAS KIAROSTAMI (2002)

Analyse : Ten (Abbas Kiarostami) - Critikat

Disséquer la société iranienne et la condition des femmes en dix conversations. Prouesse du maître iranien qui réussit la suprême beauté de créer un cadre d’expression, d’écoute, de liberté, de colère et de revendications. Le tout dans une voiture. Comme si ces femmes ne pouvaient changer le monde qu’en étant en mouvement, insaisissables et temporairement libérées de toutes contraintes. Très grand film.

49 – ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND – MICHEL GONDRY (2004)

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Le cinéma artisanal et bricolé de Gondry au service d’une belle histoire d’amour sur le déclin. Original, charmant et émouvant, le film parvient à nous faire tomber amoureux du sentiment amoureux. Chérir chaque instant avant l’effacement.

50 – INLAND EMPIRE – DAVID LYNCH (2006)

Inland Empire de David Lynch – Critique du film | LeMagduCine

Terrifiant. Un cauchemar éveillé. On ne s’est pas trop ce que l’on voit mais impossible d’y rester insensible. Le film est un saut dans l’inconnu, le bizarre et l’obscurité. Un trip psyché sans retour.

51 – BAMBOOZLED et LA 25EME HEURE – SPIKE LEE (2000/2002)

Revisiting Spike Lee's BAMBOOZLED and Its Endlessly Relevant Themes |  Tribeca

Grand film oublié, BAMBOOZLED doit être rattrapé et célébré comme l’un des meilleurs Spike Lee. Une satire brillante, pertinente et douloureuse sur l’entertainment, le minstrel show, le blackface.. Ou comment les noirs doivent avant tout amuser la galerie. Une pépite à voir asap. C’est là que Spike Lee est le roi. Lorsqu’il réduit sa fenêtre de tir sur une partie du problème et qu’il en sort toute sa colère et le politique qui y est rattaché.

LA 25e HEURE • Explication de Film

25TH HOUR s’est imposé comme un classique moderne. Une traversée fantomale sous les regrets. La rage de Lee est contenue dans une douceur finale bouleversante. Un grand film de perte, le 11 Septembre en tête.

52 – 35 RHUMS – CLAIRE DENIS (2009)

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Dire que c’est un Ozu à la française serait minimiser la grâce et l’épure formidable du travail de Claire Denis. Alors oui, on pense aux histoires de séparations familiales du maître japonais, notamment Printemps Tardif, Le Goût du Saké ou d’Été Précoce, mais c’est aussi par une certaine transformation du réel et une certaine sensualité que la réalisatrice tire une justesse et une grande douceur.

53 – 7H58 CE SAMEDI-LA – SIDNEY LUMET (2007)

7h58 ce samedi-là

Le dernier film de Sidney Lumet est un miracle de come-back pour le vétéran du cinéma US. Une tragédie grecque époustouflante sur fond de mélo familial. Un engrenage diabolique et inarrêtable.

54 – MILLENIUM MAMBO – HOU HSIAO-HSIEN (2001)

Millennium Mambo - La fleur de l'âge techno

Du pur langage cinématographique pour un geste des plus sensoriels. C’est lent mais l’expression artistique y est éclatante. Un autre cinéma.

55 – LUMIERE SILENCIEUSE – CARLOS REYGADAS (2007)

Lumière Silencieuse : La chambre du robot

Un film qui lévite sur le miracle religieux et les pouvoirs de l’invisible. En hommage à Ordet de Dreyer, Reygadas fait enfin entrer la lumière dans un film qui n’a cessé d’être dans le doute et la faute de son personnage pêcheur. Une claque esthétique.

56 – CANINE – YORGOS LANTHIMOS (2009)

Dogtooth: tutte le sale italiane dove vedere il film di Yorgos Lanthimos

Un OVNI venu de Grèce. Si Lanthimos s’est depuis fait une place dans le cinéma worldwide en étant le parfait tortionnaire de service, son Canine brille par le terrible inconfort mis en place. La torture n’est pas gratuite comme ses prochains longs, elle émane de quelque chose plus politique, comme si le conditionnement familial relevait d’un certain fascisme. Un film troublant.

57 – SOUTHLAND TALES – RICHARD KELLY (2006)

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Le film maudit de cette décennie. Un film prescient de toute l’ère trumpienne qui suivra. Grandiloquent et extravagant, un autre OVNI hors norme.

58 – THE DARK KNIGHT – CHRISTOPHER NOLAN (2008)

The Dark Knight : 10 ans et pas une ride ! - Le Point

Sans conteste le meilleur film de super-héros ever. Un film d’une grande noirceur, sans compromis et haletant. Heath Ledger forever.

59 – LES NEUF REINES et EL AURA – FABIAN BIELINSKY (2000/2006)

Le film à (re)voir ce mercredi: Les neuf reines - L'Express

Deux films de casse incroyables à restaurer pour le regretté cinéaste argentin. Les Neuf Reines a toute la malice et le sens de la manipulation d’un film du genre classique. El Aura, l’ultime film de Fabian Bielinsky, est un heist movie contemplatif à l’ambiance unique. Son talent de mise en scène est visible à chaque séquence, travaillant à merveille les sens.

Photo du film El Aura - Photo 14 sur 25 - AlloCiné

60 – TETRO – FRANCIS FORD COPPOLA (2009)

L'Institut Jean Vigo projette Tetro de Francis Ford Coppola - Le Journal  Catalan

Un nouveau coup de maître pour Coppola qui se rattache discrètement à une production plus indépendante, lui donnant les pleins pouvoirs sur une mise en scène qu’il maîtrise à la perfection. Un film sensationnel et d’une rare beauté visuelle.

61 – SANG ET OR – JAFAR PANAHI (2004)

Son film à Cannes, son style, ses prix… tout savoir sur Jafar Panahi, en  compétition avec “Trois visages”

Le grand Jafar Panahi a toujours eu un coup d’avance. La force du film tient dans cette trajectoire pathétique mais si humaine d’Hussein, personnage pauvre et sans repères, qui d’un extrême à l’autre, va déclencher le pire. Un film conscient des classes dominantes et des classes dominées dans un Iran gangrené par les inégalités et la violence sociale. Un film d’une intense dureté mais clairvoyant.

62 – HUNGER – STEVE MCQUEEN (2008)

Hunger de Steve McQueen : Bobby et Father Dom (Michael Fassbender et Liam  Cunningham) | La Compagnie Affable

Un film extrême et violent sur la résistance et l’intégrité de prisonniers politiques de l’IRA. Doté d’une cinématographie grandiose, l’interprétation n’est pas en reste avec un dialogue mythique de 17 minutes en plan-séquence.

63 – SYNECDOCHE, NEW YORK – CHARLIE KAUFMAN (2009)

Synecdoche, New York - Critique

Un autre ajout singulier pour le scénariste de Spike Jonze et Michel Gondry. Un film sous forme de longue et lente dépression d’un metteur en scène incapable d’écrire sur un nouveau matériau, et qui se met en tête de mettre en scène sa propre vie. Résulte une bizarrerie curieuse et métaphysique où tout devient miroir entre jeu et réalité. Un véritable labyrinthe est créé et le personnage de Seymour Hoffman plonge tête baissée dans une mise en scène impossible.

64 – DANCER IN THE DARK – LARS VON TRIER (2000)

LIFF | Friends of Hyde Park Picture House

Palme d’Or 2000. Une comédie musicale fabuleuse, un mélo sublime, un drame douloureux. C’est un film homérique au sens où l’aventure est éreintante mais vaut tout son pesant d’or.

65 – GOODBYE, DRAGON INN – TSAI MING-LIANG (2004)

Goodbye, Dragon Inn (不散, Tsai Ming-Liang, 2003) – Windows on Worlds

Un film en forme de rêve, un lent songe en guise d’adieu et une lettre d’amour au cinéma. Tout y est splendide à condition qu’on s’y laisse glisser et qu’on y accepte son rythme langoureux.

66 – INTERVENTION DIVINE – ELIA SULEIMAN (2002)

Intervention divine de Elia Suleiman (2002) - UniFrance

Comédie exceptionnelle sur le douloureux conflit israélo-palestinien, le réalisateur réussit à faire du burlesque son cri de colère. Un tour de force du genre de la comédie politique.

67 – UZAK – NURI BILGE CEYLAN (2002)

L'ACID - Uzak

Le talentueux cinéaste turc poursuit ses obsessions sur l’incommunicabilité, la distance et le gouffre creusé entre deux classes sociales distinctes. Un film empreint de poésie, de philosophie et de mélancolie.

68 – 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU – JUDD APATOW (2005)

40 ans, toujours puceau - Chro

Plus qu’un plaisir coupable, une comédie désopilante et d’une grande tendresse avec le style bien reconnaissable de son auteur, entre le potache et le sensible. Steve Carell est impérial.

69 – THE BROWN BUNNY – VINCENT GALLO (2003)

Analyse : Les Idiots / The Brown Bunny (Lars Von Trier, Vincent Gallo) -  Critikat

Un temps où Vincent Gallo était quelqu’un. Le film d’un puits sans fonds de tristesse et de mal-être. Le film d’un fantôme d’amour et du vide laissé après son départ. Le film d’un misfits tortueux.

70 – LE ROI DE L’EVASION – ALAIN GUIRAUDIE (2009)

Le roi de l'évasion (2009)

Une comédie extraordinaire de la jouissance, de l’hédonisme, du plaisir et de la cocasserie. Chaque séquence donne lieu à un burlesque de situation savoureux. Un film libre et sans complexes.

71 – GRIZZLY MAN et BAD LIEUTENANT : ESCALE A LA NOUVELLE ORLEANS – WERNER HERZOG (2005/2009)

Critique : Grizzly Man, de Werner Herzog - Critikat

L’animalité et le sauvage chez le maître allemand ont refait un sacré bond lors de cette décennie. Le documentaire Grizzly Man est ni plus ni moins un témoignage horrifique saisissant et inoubliable d’un dresseur fou.

Three Reasons to Watch: Bad Lieutenant: Port of Call – New Orleans — Curzon  Blog

Sa dernière fiction de la décennie est une folie primitive, un polar halluciné et détraqué, porté par l’incorrigible Nicolas Cage. Une série B à l’œil de maître : Gros plaisir.

72 – LA FAMILLE TENENBAUM et LA VIE AQUATIQUE – WES ANDERSON (2001/2004)

La Famille Tenenbaum" : 15 ans après, l'histoire d'un film culte

Une famille inhabituelle, dysfonctionnelle, surdouée et angoissée. Une comédie douce-amère virtuose qui confirme l’immense talent du réalisateur doux-dingue.

Cycle La Mer au cinéma - Institut Jean Vigo

Un film à l’imaginaire abondant et généreux, une aventure géniale qui nous ramène en enfance dans son esthétique et son humour burlesque, mais qui nous maintient bien à flots dans ses anxiétés et ses obsessions. Un autre film au style parfait.

73 – DEMINEURS – KATHRYN BIGELOW (2009)

Critique : Démineurs, de Kathryn Bigelow - Critikat

Aux origines la tension pure, la grande réalisatrice signe ici un film d’une âpreté absolue. Sa mise en scène scrute le moindre signe de mort et aboutit à des sommets de stress pour le spectateur, tout en ayant un regard intéressant sur la guerre et ses effets pervers sur les soldats.

74 – NOBODY KNOWS – HIROKAZU KORE-EDA (2004)

Nobody knows de Hirokazu Kore-eda : les enfants clandestins | Newstrum -  Notes sur le cinéma

Un drame admirable et poignant du récent palmé (Une affaire de famille). Quand une fratrie est abandonnée par leur mère et doit organiser, seule, sa survie. Le film raconte avec une justesse de ton impeccable ce quotidien impossible, mais vécu par des enfants comme des enfants. Et là est le point le plus beau et déchirant du film : Il ne peut y avoir de responsabilité et de devoir pour un enfant, il ne peut y avoir de remplacement, un enfant reste un enfant, et ses préoccupations sont ailleurs. A la fin, le cœur est serré.

75 – 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS – CRISTIAN MUNGIU (2007)

Critique : 4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu - Critikat

Palme d’Or 2007, un drame qui vous glace le sang et vous retourne d’effroi tel un vrai film d’horreur. Les monstres sont la politique anti-avortement qui rend illégal cette pratique. Une femme va subir l’opération malgré tout dans une chambre d’hôtel. Un film nécessaire.

76 – FEMME FATALE et REDACTED – BRIAN DE PALMA (2002/2007)

Femme fatale - Les dessous de Palma's bitch

Les 20 premières minutes de Femme Fatale sont une leçon de cinéma et de grande mise en scène. Époustouflant. Film sous-estimé.

Photo du film Redacted - Photo 4 sur 10 - AlloCiné

Un grand film de guerre qui regarde sa crasse en face et questionne toutes les images possibles du puzzle irakien. L’immense cinéaste américain dénonce l’interventionnisme US et met au cœur de son film les crimes perpétrés par les soldats américains en une mosaïque d’images provenant de tous supports : médias, terroristes, internet, flux en tous genres… Un opus essentiel qui pousse à la réflexion sur ce que l’on voit, les dessous de ce que l’on voit et surtout appelle à voir les autres versants de ce que l’on nous montre.

77 – COLLATERAL et MIAMI VICE – MICHAEL MANN (2004/2006)

EXTRAIT DU FILM "COLLATERAL" DE MICHAEL MANN... 2004 (2019)

Le maître des nuits bleus-métal, des espaces urbains et des lignes géométriques signe parmi les thrillers/polars les plus beaux, stylisés, romantiques et classes du genre. Une suprême élégance qui transforme le monde nocturne en un décor inquiétant d’âmes en peine et solitaires. Deux grands films d’auteur qui montrent les muscles et le cœur.

Miami Vice de Michael Mann - ☆Le Coin des Critiques Ciné☆

78 – BEFORE SUNSET – RICHARD LINKLATER (2004)

Before Sunset - Film (2004) - SensCritique

Une retrouvaille, une promenade et la confirmation d’une douce émotion tout du long : Cet amour doit s’opérer aujourd’hui et maintenant. Deux âmes sœurs qui se cherchent, bavardent, tuent le temps jusqu’à le retenir encore une fois.

79 – SPIDERMAN 2 – SAM RAIMI (2004)

Spider-Man 2 (2004) - Theatrical Cut or Extended Cut? This or That Edition

Il est bon de rappeler que ce deuxième opus possède parmi les séquences les plus dantesques du cinéma. Sam Raimi est en pleine possession de ses moyens et transcende son film de fulgurances cinématographiques jouissives. A revoir pour apprécier comme il se doit sa mise en scène divine, à revoir pour attester de la pauvreté des films de super-héros actuels.

80 – INGLOURIOUS BASTERDS – QUENTIN TARANTINO (2009)

Critique : Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino - Critikat

Des scènes devenues cultes. Parfois, le culte n’est pas gage de qualité mais dans le cas de celui-ci, le film prend une certaine valeur. Force est de constater que le temps passé, Inglourious Basterds, pourtant moins acclamé que d’autres films du réalisateur, possède une mécanique diaboliquement efficace. Et si Tarantino veut réécrire l’Histoire pour les good guys, il le fait avec une aisance et un brio merveilleux dans cette succession de saynètes tantôt drôles, tantôt effrayantes, tantôt insoutenables, tantôt séduisantes.

81 – DEUX EN UN – LES FRERES FARRELLY (2003)

Stuck On You (2003) Movie Review from Eye for Film

Une comédie farfelue, hilarante et touchante sur deux frères siamois. Inséparables, ils s’aiment et font tout ensemble mais leurs rêves les poussent à voir ailleurs. Une infinité de gags pour un résultat des plus réjouissants. Une très belle bromance. Mary à tout prix, Terrain d’Entente, L’amour extra-large sont d’autres faits d’armes du formidable duo.

82 – PLATFORM – JIA ZHANG KE (2001)

Platform (Jia Zhangke, 2000) - La Cinémathèque française

Le fer de lance de la nouvelle génération de cinéastes chinois développe ici un film épique sur l’Histoire troublée de son pays suite aux réformes post-Mao, qui sur trois temporalités verra ce dernier changer pour toujours. Jia Zhang-Ke n’a eu de cesse d’accompagner les changements culturels et politiques de son pays, il trouve dans ce film une de ses plus belles expressions.

83 – LA MORT DE DANTE LAZARESCU – CRISTI PUIU (2006)

La Mort de Dante Lazarescu" : Dante dans l'enfer des urgences

La nouvelle vague roumaine explose très probablement avec cette farce cruelle à l’ironie dévastatrice. Une tragi-comédie politique sur l’état de la santé publique mais aussi sur le soin et l’attention que l’on peut donner aux autres, ou pas.

84 – THE BOURNE TRILOGY – DOUG LIMAN/PAUL GREENGRASS (2002/2007)

Matt Damon confirme le retour de Jason Bourne

Une trilogie qui met à l’amende ses concurrents par une mise en scène nerveuse et tirée au cordeau. Trois films à l’intrigue passionnante et à l’action permanente.

84 – GEORGE WASHINGTON – DAVID GORDON GREEN (2001)

Requiem pour un film: Film du jour: George Washington

Un teen-movie aux accents malickiens, aussi beau que trouble sur les adolescences et responsabilités naissantes. Un film flottant.

85 – ELECTION 1 & 2 – JOHNNIE TO (2005/2006)

Critique : Election 1 & 2, de Johnnie To - Critikat

Le maître hongkongais réalise ce dyptique mafieux d’une classe folle et d’une ampleur considérable. Un classique du genre, à ranger aux côtés du Parrain.

86 – OLD BOY- PARK CHAN WOOK (2004)

Pourquoi Spike Lee n'aurait jamais dû toucher à Old Boy

Cultissime, cette nouvelle variation sur la vengeance du cinéaste sud-coréen fut une bombe à sa sortie. Il engendra évidemment des enfants qui l’assoiront définitivement comme un des piliers du revenge movie.

87 – ELEPHANT – GUS VAN SANT (2003)

Gus Van Sant's ELEPHANT is Still Cinema's Best Answer for the "Why?" of  Mass Shootings | Tribeca

Un film qui revient sans cesse nous hanter par ses longs travellings vers la mort. Sans aucune morale, le réalisateur fait avancer ses pions dans ce plateau de jeu jusqu’à l’arrêt final, dans une fusillade horrifique. Le grand cinéaste américain réalisa une série de films sur la période mouvementée et trouble de l’adolescence, culminant sur ce point d’orgue fascinant et inoubliable.

88 – LES GLANEURS ET LA GLANEUSE – AGNES VARDA (2000)

Les Glaneurs et la glaneuse - Centre Pompidou

Un peu de douceur avec l’immense Agnès Varda et ce très beau documentaire sur les glaneurs de France, ces personnes qui ramassent ce que l’industrie a rejeté. Une ode au recyclage, à la réutilisation, au non consumérisme. La réalisatrice attrape ce qu’elle peut avec sa caméra, telle une glaneuse, faisant un portrait sensible d’une France dans le besoin.

89 – Y TU MAMA TAMBIEN – ALFONSO CUARON (2001)

Y Tu Mamá También – [FILMGRAB]

Avant de conquérir les Etats-Unis, le cinéaste mexicain réalisait cette pépite hédoniste sensible sur un road-trip aux accents de quête libératrice. Une parenthèse dans laquelle se révèle les désirs, les rêves et les doutes. Superbe.

90 – BLACK BOOK – PAUL VERHOEVEN (2006)

Le film du dimanche soir : “Black Book”, Paul Verhoeven toujours plus loin  dans la noirceur

Un film d’espionnage fabuleux du Hollandais Volant, inscrit pendant la IIème Guerre Mondiale. Une aventure prenante qui rappelle la grandeur de l’Age d’Or du cinéma US dans la forme.

91 – LOST IN TRANSLATION – SOFIA COPPOLA (2003)

Lost in Translation en streaming direct et replay sur CANAL+ | myCANAL

Un spleen langoureux pour un mal contemporain. Le malaise occidental dans un Japon sublimé par la cinéaste. Et cette rencontre, superbe, entre deux êtres paumés en quête de sens.

92 – THE WRESTLER – DARREN ARONOFSKY (2008)

Critique The Wrestler : la déchéance d'un homme brisé

Un drame puissant. Une interprétation plein de bravoure de Mickey Rourke qui fait effet miroir avec son héros. Ancienne star du catch, il subit une crise cardiaque qui doit l’écarter du ring. Mais the show must go on

93 – MYSTERIOUS SKIN – GREGG ARAKI (2004)

Critique : Mysterious Skin, de Gregg Araki - Critikat

Un grand film du tabou, foudroyant. Pédophilie, prostitution, homosexualité… Tout est traité avec un sens inné du romanesque et du lyrisme. Comme dans un rêve éveillé, le réveil est brutal mais peut faire office d’une sublime catharsis. Un film qui a tout compris à l’innocence bafouée et aux survivants.

94 – PERSEPOLIS – MARJANE SATRAPI (2007)

Persépolis" de Marjane Satrapi

Remarquable film d’animation, puissamment politique et intense sur les ravages de la guerre, la répression et l’extrémisme religieux. Un film militant.

95 – LE VOYAGE DE CHIHIRO – HAYAO MIYAZAKI (2001)

Le Voyage de Chihiro” sort enfin en Chine 18 ans après sa sortie japonaise

Une aventure hors-normes pour une profusion d’idées et un émerveillement constant. Un poids lourd chez un auteur pleins de mastodontes.

96 – IN THE MOOD FOR LOVE – WONG KAR WAI (2000)

Zoom sur un classique»: In the Mood for Love de Wong Kar-wai | Bible urbaine

L’un des films les plus élégants de l’Histoire du cinéma. Un nirvana esthétique. Une histoire d’amour secrète, cachée, souffert mais ô combien déchirante et sensuelle. Un must-see.

97 – FISH TANK – ANDREA ARNOLD (2009)

Flatlands | jacques-audiard: Fish Tank (2009) | Fish tank film, Fish tank, Tank  movie

Un film pivot qui aura lancé tout une salve de drames sociaux similaires, sans en atteindre la grâce ni la force de regard de la réalisatrice. Life’s bitch & then you die.

98 – EN ATTENDANT LE BONHEUR – ABDERRAHMANE SISSAKO (2003)

En attendant le bonheur | Haut et Court

Le cinéaste mauritanien réalise un superbe drame sur l’envie d’exil, l’attente d’un départ prochain et l’utopie d’un monde rêvé à l’arrivée. Plein de poésie, Sissako met en scène l’attente et donc le statisme avec un talent éclatant.

99 – CACHE – MICHAEL HANEKE (2005)

Caché, de Michael Haneke | « La nuit artificielle »

L’ambiguïté et l’inconfort en font l’un des films d’horreurs européens les plus brillants et mémorables de ce millénaire. Un film froid et mystérieux, dans la manipulation des images et de ce qui se cache à l’intérieur de celles-ci.

100 – BIRTH – JONATHAN GLAZER (2004)

Why Ten Years Later, Jonathan Glazer's 'Birth' Is Still a Masterpiece |  IndieWire

Le trouble est total. On ne ressort pas indemne de cette réincarnation aussi malsaine que bouleversante. Un film qui reste, tel un fantôme.

BONUS PLAISIR – LA TRILOGIE DU SEIGNEUR DES ANNEAUX – PETER JACKSON (2001/2003)

https://imgr.cineserie.com/2019/12/1280x720_le-seigneur-des-anneaux-les-deux-tours-200670_53fb218dbc9a8.jpg?imgeng=/f_jpg/cmpr_0/w_1280/h_720/m_cropbox&ver=1

Alors oui, certaines choses ont vieilli et tout n’est pas parfait, si l’on est honnête, dans cette trilogie. Mais combien de films avec cette ambition, cette direction artistique, cette vision, cette ampleur, cette générosité, cette candeur ? Une aventure qui nous ramène nous, spectateurs, à l’état d’enfants avides d’histoires d’épées, de trolls et d’elfes en tous genres. En ce sens, Peter Jackson a réussi le film parfait. Celui du fan comme celui du cinéaste attentif au plaisir de son public.

BONUS PLAISIR- CASINO ROYALE – MARTIN CAMPBELL (2006)

Casino Royale / Il était une fois... la saga James Bond - Séances Spéciales

Le meilleur James Bond, donc l’un des meilleurs films d’actions, donc l’un des meilleurs films.

NOTES : Une nouvelle liste non exhaustive qui a dû laisser sur le carreau nombre d’autres films remarquables. Parmi eux : Dans la ville de Sylvia, Gomorra, Tarnation, Hero, Tigre & Dragon, Memento, I’m Not There, Les Infiltrés, Syndromes & A Century, Etre & Avoir, La Pianiste, Morse, S-21, Paprika, Oasis, La Cité de Dieu, Donnie Darko, Head-On, Kill Bill, La Nuit Nous Appartient, Shrek, L’Esquive, PTU, Birth, Man On Wire, Capturing The Friedmans, Zoolander, La Guerre des Mondes, Minority Report, Big Fish, Singularités d’une jeune fille blonde, Disneyland mon vieux pays natal, De l’origine du XXIe siècle, Sexy Beast, Antichrist, Le secret des poignards volants, Master & Commander, Frangins Malgré Eux, Millenium Actress, Gran Torino, Mystic River, Morvern Callar, Match Point